To be or not to be ?...

Publié le 18 Janvier 2013

Tiens, illustration du quotidien de l'élève infirmier avec l'exemple tout con des IDE libérales qui sont venues faire le pansement du doigt de mon fils pendant les vacances de Noël.

La veille au soir de son tout premier pansement, j'ai le malheur (comme par hasard) de lui faire une protection mal étanche avant de le mettre sous sa douche. Je ne sais donc pas ce qu'il y a "dessous" depuis 5 jours, si ce n'est que le chir m'a dit avoir posé un pansement en siliconne afin de favoriser la cicatrisation, avant de refermer "normalement".

Le pansement étant bien humide, le bon sens voudrait que je l'enlève pour laisser sécher la peau de mon bébé, avant d'en refaire un simple en attendant la venue de l'IDE libérale le lendemain matin à la première heure. Mais, terrorrisée à l'idée de faire une connerie (ne sachant pas ce qu'il y a dessous et n'ayant pas le matériel pour bosser proprement, ne sachant pas non plus la manière dont va réagir mon fils, son niveau de douleur, ma capacité à refaire correctement un pansement de doigt de bébé sans qu'il brasse trop, etc etc...), terrorisée à l'idée de faire une connerie, donc, et surtout de me faire laminer par l'infirmière 10 heures plus tard qui pourrait me reprocher de vouloir faire du zèle en tant qu'élève ou simplement de mal faire mon boulot, je ne fais rien, et attends anxieusement le lendemain matin, en espérant que la peau de mon fils ne soit pas trop macérée.

Premier ordre de priorités qui pourrait porter à réflexion, déjà, sur le conditionnement psychologique du stagiaire qui l'amène à être prêt à se jeter sous un train (ou à y jeter son bébé) pour sauver sa peau. Heu ??!!.... (bon... à la décharge de la mère indigne que je suis, j'ai tout de même pris ma décision en fonction de mon estimation selon laquelle le pansement était "humide" davantage que "mouillé"...) BREF.

Suite de mon histoire. L'IDE, que je ne connais donc pas, se présente le lendemain. Je lui explique le cas de figure en détail, de plus en plus terrorisée à mesure que je la vois m'observer avec suspicion, pour l'entendre me dire, d'un ton de reproche clairement marqué : "Ben... vous auriez pu refaire le pansement vous-même !!!".

Premier round.

Même cas de figure quelques jours plus tard, avec sa collègue que je ne connais pas non plus. Cette fois, je sais ce qu'il y a sous les bandes, la manière dont réagit mon fils et son niveau de douleur. Bref, je suis plus sûre de moi à l'idée refaire son pansement, galvanisée par la réaction de la première infirmière trois jours plus tôt qui m'avait clairement engagée à me lancer (sous peine de me trucider sur place). J'explique donc fièrement à sa collègue, sur un ton faussement professionnel et avec les termes médicaux choisis, que le pansement était humide la veille et que, par conséquent, j'ai préféré le refaire en attendant sa venue.... Réponse sans plus attendre: "Mouais... vous auriez tout de même pu m'attendre !"...

Deuxième round par KO.

Morale de l'histoire :

- Plus j'avance dans ces études, moins je réussis à réfléchir de manière cartésienne et posée devant une infimière diplômée qui me scrute. Bref : j'ai une capacité croissante à l'auto-liquéfaction qui me laisse songeuse.

- De la relation épanouissante du stagiaire avec ses aînés.

- Des décisions rationnelles et posées de la mère avec sa progéniture, chair de sa chair, sang de son sang.

- Courage, fuyons.

Et encore, je vous ai épargné jusqu'à présent le thème du "nouveau programme de formation" en vigueur depuis 2009. Mais il va bien falloir y passer à un moment ou à un autre..... Mais là... pas là, non. Là je vais me coucher, je me suis assez flagellée pour ce soir. Allez, bonne nuit...

Rédigé par Cécile

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