Shhht ! Maman révise...

Publié le 21 Janvier 2013

Il est vrai aussi que je n'ai pas simplifié le shmilblick en décidant de faire un bébé entre deux révisions. Une première petite de 2 ans à élever n'y suffisant pas, j'ai donc décidé (oui... décidé...) de remettre le couvert, en m'arrangeant pour que la naissance tombe sur ma période de vacances scolaires - puisque c'est vrai, quoi, je ne savais pas quoi faire de mes deux mois d'été - avant de mieux enchaîner sur ma deuxième année. Elementaire ?

Ouaip.

C'était encore du temps des bisounours, celui des études idéales pour l'apprentissage d'un futur métier de rêve, celui où "tout est facile" et où "je vais y arriver les doigts dans le nez", celui des "yaka" et "faukon". Le temps où je pensais pouvoir facilement tout gérer de front, où j'envisageais encore un troisième enfant -d'où la décision à 35 ans de mettre en route le second sans attendre la fin de mes études - le temps où je croyais qu'une nuit normale était faite de 7 heures de sommeil non stop, le temps où je pensais qu'un aîné de 2 ans 1/2 se levait tout seul, mangeait tout seul, s'habillait tout seul, se lavait tout seul, ne mettait plus de couches et, soyons fous, faisait ses devoirs en rangeant sa chambre, le temps où mon mari (exceptionnel) (qui ne l'est pas en vrai) (mon mari) (on n'est pas mariés) (vous suivez un peu ?!...), le temps où mon mari-qui-ne-l'est-pas-mais-qui-est-bel-et-bien-exceptionnel et moi, donc, croyions encore à la possibilité de nous évader quelques week ends par-ci par-là pour mieux nous retrouver, le temps où nous pensions que tout n'était qu'une histoire d'organisation et que les révisions ne me prendraient que quelques heures par-ci et quelques heures par-là, le temps où lui se disait qu'il pourrait facilement m'aider avec les enfants sans que ça le plombe physiquement lui aussi, ni que ça interfère sur sa santé physique et morale - et ce, en dépit bien sûr de ses deux heures de route quotidiennes A/R pour aller bosser dans la boîte de 10 personnes qu'il venait tout juste de racheter de son côté sans jamais avoir été entrepreneur auparavant, NO COMENT -, le temps où je croyais que les stages se déroulaient de 9h du matin à 17h, du lundi au vendredi, bref, c'était le temps des jeunes cons... hélas bien révolu depuis : le temps, c'est bien la dernière des choses dont nous disposions dorénavant ; et de jeunes cons, nous sommes brutalement passés, en deux ans seulement -à coups de nuits de 3 heures de sommeil, de poussées dentaires, de cacas mous, de terreurs nocturnes, de cabinets de médecine pédiatrique en lits d'hôpitaux, de "maman j'ai fait pipi au lit" et autres ouiiiins- au statut de vieux cons, très vieux cons, usés et fa-ti-gués.

Deux ans plus tard, à coups de réveils nocturnes de l'un à 2h du mat, de l'autre à 4h, et de levers pour aller bosser à 5h30, pour remettre ça la nuit suivante et les 365 autres que Dieu fait (... laissez-le où il est, lui), deux ans plus tard à faire la pirouette dans nos agendas pour savoir qui gère les enfants lorsque je travaille en 12 heures (de 7h à 19h) et que lui a un rendez-vous capital avec un prospect à 18h, deux ans plus tard à nous croiser le jour, la nuit et les week ends, nous voilà totalement exsangues, livides, vidés de notre substantifique moëlle, mon bonhomme à avoir perdu 15 kilos et moi à en avoir pris 15, à nous relayer les week ends pour que l'un fasse la sieste avec les enfants pendant que l'autre révise, et inversement le lendemain (le deuxième n'ayant pas de révisions mais juste une boîte à faire tourner), lui à embarquer les enfants dehors dès qu'il le peut pour que maman puisse réviser son partiel de processus tumoraux, deux ans à nous extasier les soirs où on réussit à dîner en tête-à-tête avant 22h et ceux où on se fait un DVD jusqu'au bout sans s'endormir, deux ans à pleurer niaisement devant Rox et Rouky et à chantonner machinalement le refrain de Trotro le matin au petit-déj, tels deux zombies n'ayant pas fermé l'oeil depuis des décennies, deux ans à avoir viré tous nos Nina Simone, Lisa Ekdhal et autres Tori Amos de nos étagères au profit de "Chansons pour les petits", "Comptines pour la nuit" et autres classiques d'Annie Cordy, deux à rêver nos vacances plutôt qu'à en prendre, deux ans à marquer nos agendas d'une croix rouge les week ends passés dehors à quatre sans travailler ni ouvrir un livre... C'est simple, il y a en a eu trois. Et quatre nuits à dormir plus de 3 heures d'affilée. En deux ans.

Pauvres petits (et grand) lapins que j'ai embarqué dans cette galère... Et pauvre de moi qui ai pêché par excès de confiance, par utopie ou simple inconscience... Dire qu'on a fait ces choix de vie radicaux l'un et l'autre pour nous rapprocher de la vraie vie et de l'essentiel, qui étaient pour nous la vie de famille et le temps passé ensemble... ironique, non ?!...

En attendant, chronique d'une nuit ordinaire comme les 361 autres vécues cette année : Après un réveil dans les hurlements à 4h20 de mon petit qui met ses dents (à ce rythme-là, je vais vraiment finir par penser que la mâchoire de mon bébé a l'étrange particularité de compter 64 dents au moins), après 35 minutes passées à tenter de le rendormir sans réveiller sa soeur avec qui il partage sa chambre (ben oui, trop simple sinon), après m'être recouchée à 5h du mat pour me relever à 5h30 en ruminant des histoires de Levo-Dopa et d'Anticholinergiques, me voilà à 6h en train d'écrire sur ce blog dont je découvre chaque jour un peu plus les vertus, avant d'enchaîner sur mes révisions de phamarcologie pour laquelle j'ai un partiel à 15h, révisions bien trop légères jusqu'à présent pour me permettre un rendormissement en bonne et dûe forme..... Allez, sourions, chaque situation a du bon !

Quoi qu'il en soit, j'ai eu la joie de découvrir vos premières réactions suite à la lecture de ce blog et, si ce nouveau plaisir d'être lue ne va pas sans une légère nouvelle appréhension (... que voulez-vous, on ne se refait pas...) de "tenir le rythme" dorénavant, l'exercice me booste plus que je ne l'aurais imaginé, et cela grâce à vous... Alors un grand merci !

Et bonne journée à tous sous ce nouveau jour neigeux qui commence...

Rédigé par Cécile

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Nat 10/03/2013 07:31

Coucou Cécile, moi 38 ans maman de 2 grandes filles et en deuxième année de formation, je te remercie pour ton blog. Cela fait un bien fou de voir qu'on est pas seule a galérer. A se demander est-ce qu'un jour j'aurai a nouveau une vie conjugale??? Mes enfants sont plus grands, je peux faire mes nuits, mais une ado de 15 ans est a mon avis aussi compliqué qu'un bébé, sauf que ça dors..... En tout cas tiens bon. Tu y es presque. Nat

delphine 20/02/2013 07:38

merci pour ce blog... nous avons toutes les deux le même profil (la quarantaine, reconversion professionnelle pour un monde meilleur..) et les mêmes questions existentielles en fin de formation : tout ça pour ça????? ;
ca rassure et ca fait du bien!!!
delphine