Viens, ma fille...

Publié le 23 Janvier 2013

Il faudra que je me souvienne. De ces heures de révisions derrière mon bureau à la lueur d'une lampe de chevet, de ces heures de compositions de tous registres pour des écrits à rendre à l'instant T, de ces jours, semaines et mois entiers sur les bancs de l'amphi à gratter, gratter, gratter.... Il faudra que je me souvienne de cette appréhension les jours de "gros" partiels, du silence religieux à la distribution des copies, des quelques secondes de trou noir au moment de lire les premières questions, et des suivantes à se lancer dans le grand huit avec une seule idée en tête : franchir la ligne d'arrivée... Il faudra que je me souvienne des grands moments de solitude devant des questions sur des thèmes découverts pour la première fois en plein partiel, de ceux de soulagement à la lecture de celles qu'on espérait voir tomber, de la joie au moment de sortir de l'amphi, vite relayée par une nouvelle appréhension au moment de réaliser les écarts de réponses avec les autres... Il faudra que je me souvienne de ces intervenants dont on buvait les paroles et qu'on aurait suivi dans n'importe quel service, de ceux qui nous donnaient envie de partir en courant, et de tous les autres qui faisaient simplement "de leur mieux"... Il faudra que je me souvienne de tous ces gens dont on a croisé la route et qui étaient là pour nous transmettre leur savoir et nous donner l'Envie... Il faudra que je me souvienne de ces moments de doute, de ces moments d'espoir, de ces moments de déconnade, il faudra que je me souvienne de ceux d'entr'aide en plein creux de la vague, de ces tensions pour des conneries vites relayées par des instants de rires partagés, de ces moments de blues et de ceux de grandes joies, de cette envie impérieuse de quitter l'école pour aller en stage, relayée par celle de vite retourner à l'école justement pendant ces moments de stage... Il faudra que je me souvienne de ce chemin parcouru, il faudra que je me souvienne de ce que nous étions le premier jour de formation et de ce que nous sommes devenus en sortant de là, il faudra que je me souvienne de toutes ces questions par lesquelles nous sommes passés... Il faudra que je me souvienne de tout ça pour que, le jour où ma fille aura le vague à l'âme, le jour où je la verrai découragée par "tout ça" ou en plein doute sur son avenir, le jour où elle passera rapidement du rire aux larmes sans que j'aie le temps de comprendre pourquoi, le jour où je la verrai triste d'être en formation, et triste d'en partir, je puisse simplement être là, et lui dire "viens dans mes bras"...

Rédigé par Cécile

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Sandrine Ply 23/01/2013 17:17

« Le souvenir de l'effort est toujours un souvenir
heureux et l'on sourit aux anciennes misères vaincues. »